Le train et l’Ardèche : une histoire contrariée

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C’est en 1862 que le train atteint l’Ardèche et son chef-lieu avec la mise en service de la ligne Livron-Privas par le PLM (compagnie de chemin de fer Paris-Lyon à la Méditerranée). Le réseau se développant, les élus ardéchois demandent régulièrement jusqu’en 1922 qu’elle soit prolongée jusqu’à Aubenas et le Gard. L’État choisit en 1863 le tracé Le Teil-Robiac pour desservir le sud-Ardèche, Aubenas, Largentière et atteindre le Gard, condamnant la gare de Privas à rester en cul-de-sac pour desservir une ville peu peuplée et un trafic de marchandises déclinant au début du XXe siècle. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, le réseau ferroviaire s’étend avec la ligne PLM Peyraud-Saint-Étienne par Firminy, le réseau secondaire des Chemins fer départementaux reliant La Voulte-sur-Rhône et Tournon-sur-Rhône via Le Cheylard à la Haute-Loire.

Mais l’affaire de la faillite des Tramways de l’Ardèche qui sillonnaient le département depuis Le Pouzin jusqu’à Saint-Paul-le-Jeune via Aubenas, Largentière et les Vans, à peine mis en service en 1910 et déjà fermés en 1914, annonce la lente agonie du réseau ferré ardéchois.

 

La concurrence du car, plus rapide, et de la voiture met à mal la rentabilité du transport ferroviaire. Les compagnies de chemin de fer et le gouvernement s’interrogent sur la pérennité des lignes déficitaires. Par les décrets-lois du 31 août 1937, l’État à la recherche d’économies élabore un plan de coordination des transports transférant le trafic voyageur déficitaire sur la route et en nationalisant les compagnies ferroviaires avec la création de la SNCF en 1938.

 

Le conseil général est saisi par l’État le 10 mars 1938 d’un plan de fermeture de lignes et de la création « de service automobile de remplacement ». Principale mesure, la fermeture en septembre 1938 de la desserte voyageurs Privas-Livron. Privas est la première préfecture de France métropolitaine à perdre sa desserte voyageurs. Depuis 1934, un seul aller-retour relie Privas à Valence en 1h20 min contre 45 minutes avec les Cars Charrière. Les élus formulent le vœu de maintenir un wagon voyageur accroché à la desserte marchandises, en vain. La faible fréquentation de la ligne, en moyenne 78 voyageurs/mois avant sa fermeture, l’allocation de subventions de l’État pour financer les lignes de cars en plein développement et les 4 millions de francs de restes à payer par le Département après la faillite des Tramways de l’Ardèche en 1914, remboursement qui court jusqu’en 1955, sont sans doute présents à l’esprit des élus qui votent le rapport.

 

Après 85 ans, subsiste encore une avenue de la gare à Privas et une voie verte ! Les fermetures de lignes se poursuivront jusqu’à la disparition complète de la desserte voyageurs de l’Ardèche en 1973.